Dieu, fainéant et se faisant trop vieux pour jouer aux Sims avec les humains, il envoie ses anges chercher un humain qui pourrait le remplacer. Les prétendants au titre devront prouver leur valeur en faisant... ce qui amusera Dieu sur le moment.
 
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 Zelos [19]

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Zelos

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MessageSujet: Zelos [19]   Mar 2 Sep - 2:02

J’avais réussi à l’empêcher de me tenir par la main dans l’enceinte de l’université, mais dès que nous nous en étions un peu éloignés il s’était mis à me coller et j’avais fini par craquer. Il était extrêmement têtu et je voulais éviter un scandale en public, car il n’aurait probablement pas hésité à prendre toute la foule à témoin en cas de désaccord. Visiblement il aimer bien ridiculiser les gens. Enfin surtout moi à ce que j’avais compris.
Au bout de quelques minutes de marche il s’arrêta devant un luxueux restaurant, puis fit mine d’y entrer mais je l’en empêchai aussitôt.
- C’est une blague ?
- Pas du tout. Tu mérites ce qu’il y a de mieux ♥
- Nous ne sommes pas du tout habillés pour l’occasion. Et en plus j’ai les cheveux qui changent de couleur, ils vont nous jeter dehors.
- Mais non ne t’en fais pas. Personne ne fera attention à toi puisque tous les regards seront braqués sur moi de toute façon.
- Merci, je me sens déjà mieux.
- Pas de quoi.
- C’était ironique.
Il me traîna à sa suite et je dus m’installer à contre cœur à l’intérieur. Je laissai Akagi commander ce qu’il voulait pour nous deux afin d’échapper le plus possible au regard du serveur.
- Tout le monde nous observe…
- Parce que tout le monde aimerait être à ta place.
- Vous avez vraiment une technique de drague étrange… Je n’arrive pas à comprendre comment vous avez pu un jour être en couple avec qui que ce soit.
- Pourtant tu es sorti avec moi.
- Non, mon sosie est sorti avec vous, c’est très différent. J’aimerais bien savoir comment cela s’est passé d’ailleurs. Comment avez-vous fait pour le séduire lui ? J’imagine que vous ne lui avez pas jeté de bouquet de fleurs en pleine tête, vous avez dû être un peu plus subtil.
- En fait au début j’ai fait semblant de sortir avec lui. La rumeur s’est propagée rapidement. Il n’a pas tellement apprécié, puis il a décidé que cela l’arrangeait aussi au final. Il s’est mis à jouer le jeu, et petit à petit nous nous sommes rapprochés.
- …
- Quoi ?
- J’attends la vraie version.
- C’est la vraie version.
Je restai un instant bouche bée. J’aurais dû me douter qu’il me racontait la vérité, il n’y avait absolument rien de normal en lui.
- Je vois… Donc en fait votre technique c’est l’hypnose ? Vous comptez me persuader moi aussi que je n’ai rien à perdre lorsque vous m’aurez mis tous vos fans sur le dos ?
- Bien sûr que non, tu n’as rien à craindre d’eux, je te protégerai ♥
- C’est ça… Et donc, qu’est-ce qui vous plaisait chez lui sinon ? Pourquoi avoir jeté votre dévolu sur cette personne en particulier parmi votre horde de fans en délire ?
- Et bien il était vraiment mignon. Surtout quand il gémissait mon prénom et qu’il…
- Euh non je voulais parler de sa personnalité. Je ne veux pas entendre vos histoires sexuelles en plein milieu du repas merci.
- C’est dommage tu rates quelque chose. Mais peut-être que tu préfèrerais que je te fasse une démonstration plutôt qu’un long discours ?
- Non merci, ça ira. Donc lui aussi n’avait que son physique pour lui ?
- Disons qu’il était assez énervant parfois. Très fermé d’esprit. Mais il savait se montrer craquant. Notamment lorsqu’il…
- C’est bon, je crois avoir compris. Et vous êtes restés longtemps ensemble ?
- Je dirais environ neuf mois.
- Ça représente un bon moment quand même. Pourtant vous n’avez pas l’air si affecté que cela par sa disparition. Ou alors vous le cachez plutôt bien.
- Je n’ai pas de raison de le regretter puisque tu es là.
- Vous le remplacez bien vite.
- Je ne le remplace pas vraiment puisque tu es son fantôme. C’est dans la continuité.
Il n’y avait visiblement aucun moyen de lui remettre les idées en place. Je me demandais si son ex existait vraiment ou s’il agissait également d’une création de son cerveau embrumé. Il était possible qu’il ait rêvé l’intégralité de sa vie. Peut-être qu’il s’était échappé d’un asile et que le personnel de son établissement était désespérément à sa poursuite. S’il y avait une récompense à la clef il serait bien que je le rende à ses propriétaires. Mais j’aurais probablement besoin d’aide pour cela, il ne se laisserait pas faire gentiment. Il était très musclé je ne ferais pas le poids. Sauf peut-être en l’attaquant par surprise.
- Je vois que mon corps t’intéresse bien plus que ce que je dis.
- J’ai raté quelque chose ?
- Rien de bien important, si tu as tellement envie de moi cela peut attendre.
- Non, non, j’insiste. Vous aviez dit quelque chose ?
- Je voulais que tu me parles un peu plus de toi.
- Je veux bien mais pour quoi faire ? Vous aviez dit que vous me connaissiez par cœur.
- Moi oui, mais pas toi apparemment. Il est temps que je te rafraîchisse la mémoire. Commence donc par me dire d’où tu viens. Enfin d’où tu crois venir plutôt.
- J’habite au Sénégal.
- C’est vrai que c’est très courant les blancs roux aux yeux bleus là-bas.
- Je suis un peu bronzé quand même.
- Ton assiette est plus bronzée que toi. Et explique moi donc ton absence d’accent si tu as passé toute ta vie dans ce pays.
- Je suppose que je me suis vite adapté.
- Mais tu crois vraiment à tout ce que tu me dis ? Tu dois bien te rendre compte qu’il y a un problème non ?
- Et si nous changions de sujet ?
- Tu vois, tu n’as plus d’argument !
- Qu’est-ce qui vous paraît le plus stupide : que je sois un Sénégalais blanc ou bien que je sois un fantôme ? Non, en fait ne me répondez pas, je ne veux pas savoir.
J’entendis mon portable sonner et je décrochai rapidement, soulagé de pouvoir échapper à cette discussion qui ne menait nulle part.
- Allô ?
- Bonjour. C’est Hishigi, celui qui vous a fait cette si belle coloration. Vous vous souvenez de moi ?
- Je ne pense pas pouvoir vous oublier un jour.
- J’espère que je ne vous dérange pas ?
- Pas du tout. Qu’est-ce que vous vouliez me dire ?
- Je voulais juste savoir si vous aviez un moment de libre pour qu’on puisse se voir et discuter ?
- Oui bien sûr. Je suis libre ce soir si vous voulez.
- Tu plaisantes j’espère ?
- Hmm je vais devoir raccrocher mais je vous rappelle bientôt pour confirmer ça, d’accord ?
- D’accord. Au revoir !
- Au revoir.
Je raccrochai et regardai Akagi. Il n’avait pas l’air de très bonne humeur.
- Qu’est-ce qu’il y a ?
- Tu es censé passer la soirée avec moi.
- Ah ?
- Pour qui est-ce que tu comptes m’abandonner ?
- C’était juste mon coiffeur. Je ne comptais pas vous abandonner, je pensais juste que vous n’alliez par tarder à vous rendre compte que je n’étais pas celui que vous recherchiez et donc que vous laisseriez tomber.
- Tu lui ressembles énormément. Tu râles autant que lui. Je suis de plus en plus sûr de moi.
- Je vais vous proposer un marché. Ne me parlez plus d’histoire de fantôme et n’évoquez plus mes parents et tout ce qui a trait à mon passé. En échange, j’arrêterai de dire que vous êtes fou et je serai plus docile. C’est d’accord ? Au moins le temps du repas.
- Pourquoi est-ce que tu ne veux pas parler de ton passé ?
Je baissai les yeux sur mon assiette et jouai avec ma fourchette quelques secondes avant de me décider à répondre.
- Je me sens seul et j’ai l’impression de ne plus avoir aucun repère stable. J’ai perdu tout contact avec tous ceux que je connaissais, c’est comme si le monde entier m’avait oublié. Les seules personnes qui s’intéressent à moi sont intriguées par mes cheveux ou bien me prennent pour quelqu’un d’autre. Je n’ai personne à qui me confier. Enfin il y a bien une personne mais elle s’inquiète déjà tellement pour moi - pour des raisons étranges - que je n’ose pas lui parler de cela. Du coup, j'aimerais éviter de penser constamment à tout ça.
Il attrapa ma main et la serra dans la sienne.
- Tu n‘es pas seul, je suis là si tu as besoin de quoi que ce soit. Tu peux venir vivre chez moi si tu as besoin de compagnie.
J’attendis de voir s’il comptait ajouter un énième sous-entendu sexuel, mais à ma grande surprise ce ne fut pas le cas. Légèrement rassuré sur ses intention, je laissai ma main dans la sienne. Recevoir un peu de chaleur humaine me faisait le plus grand bien. C’était probablement stupide puisque ses propos et son affection n’étaient pas dirigés envers moi, mais je ne pouvais pas m’empêcher d’apprécier son contact.

- Merci pour la proposition, mais je ne peux pas accepter. Je ne peux pas abandonner ma colocataire comme ça.
- J’espère que tu changeras d’avis.
- Vous êtes vraiment si sûr de vous ?
- Oui. Je ne veux plus perdre de temps. Je sais ce que je veux, et c’est toi.
Je ne savais pas trop comment réagir. Je n’avais pas eu l’occasion de le voir sérieux jusqu’à présent, c’était assez déroutant de ne pas le voir avec un sourire jusqu’aux oreilles et de ne pas l’entendre parler de fantôme. S’il agissait tout le temps de cette manière plutôt que d’envoyer des avions en papier les choses auraient probablement été bien différentes. Peut-être même qu’en ce moment même nous serions dans son lit.
Je sursautai légèrement en me rendant compte du fil qu’avaient pris mes pensées. Mais qu’est-ce qui m’arrivait ? Ce n’était pas mon genre de m’emballer pour si peu. Je ne m’étais jamais vraiment intéressé à qui que ce soit. D’accord il était totalement mon genre physiquement, mais il restait un "fantômophile". Au mieux nous pourrions être amis, mais il ne fallait pas que je m’embarque dans une vraie relation avec ce genre de personne. Il ne manquerait plus qu’il arrive à me convaincre ou bien qu’il essaye de m’exorciser.

- Ça va ? Tu as l’air d’avoir des absences…
- J’ai juste un peu chaud. Je crois que je vais sauter le dessert.
- Tu es sûr ? Tu pourrais prendre une glace, ça te ferait du bien.
- Non, je crois que j’ai surtout besoin d’air frais.
- D’accord, je vais payer l’addition, je te rejoins dans une minute.
- Merci.
Je sortis et pris une longue inspiration. Je ne savais pas trop pourquoi, mais j’avais l’impression d’être au bord du malaise. Je m’appuyai contre le mur et tentai de calmer ma respiration mais sans grand résultat. Je décidai de sortir mon portable et de tenter d’appeler mes parents une nouvelle fois.
« Le numéro que vous avez composé n’est pas attribué, votre appel ne peut pas aboutir. »
Et encore une fois.
« Le numéro que vous avez composé n’est pas attribué, votre appel ne peut pas aboutir. »
Puis une autre.
« Le numéro que vous avez composé n’est pas attribué, votre appel ne peut pas aboutir. »
Je me demandais ce que cela pouvait bien vouloir dire. Avant qu’Akagi ne m’embrouille avec ses histoires, cela ne m’avait pas inquiété outre mesure. Ils avaient pu changer de numéro et oublier de me prévenir. Je n’avais pas de raison de m’inquiéter. Je n’étais pas un fantôme, j’avais des parents qui m’avaient juste légèrement oublié. Ce n’était pas la fin du monde.

- Tu n’as pas l’air d’aller mieux.
J’étais tellement absorbé par mon téléphone que je ne l’avais pas entendu arriver. Il fallait que je me ressaisisse.
- Si, ne vous en faites pas pour moi.
Il toucha mon front quelques secondes.
- Tu as de la fièvre, je vais t’emmener chez le médecin.
- Non, je veux juste dormir un peu.
- Dans ce cas je vais t’accompagner.
- Merci.


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