Dieu, fainéant et se faisant trop vieux pour jouer aux Sims avec les humains, il envoie ses anges chercher un humain qui pourrait le remplacer. Les prétendants au titre devront prouver leur valeur en faisant... ce qui amusera Dieu sur le moment.
 
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 Retour à la maison

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Eiri

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MessageSujet: Retour à la maison   Jeu 9 Juin - 14:48

Cela faisait maintenant plusieurs semaines que Meiko était sortie de l'hôpital et était, comme elle l'avait dit, revenue à la maison. Elle était encore chamboulée par les récents événements, et était encore incapable de me donner une réponse claire sur l'identité de son agresseur. Ça n'allait pas être un traumatisme facile à éradiquer, pour elle comme pour moi. Tandis qu'il lui arrivait de faire des crises d'angoisse dû à des réminiscences de ces événements, j'étais pris d'élans de rages incontrôlables et désespérés. J'étais parfois moi-même, ou plutôt certains de mes gestes, source des réminiscences de son agression, et je ne pouvais rien faire pour la calmer. Si je ne représentais plus la figure sécurisante que je voulais être pour elle, j'étais inutile. Les psychiatres m'avaient donné des médicaments à lui administrer pour la calmer dans ces moments-là, mais Meiko tenait malgré tout à surmonter ses crises elle-même. J'étais d'accord avec elle, et la voir faire preuve d'autant de force et de fierté me rassurait quant à sa reconstruction.
J'avais bien conscience de la nature incontrôlable et irrationnelle de ses crises, mais la voir en proie à ces choses implacables contre lesquelles je ne pouvais rien me rendait malade, et le coupable était toujours en liberté. En vérité, bien que l'agresseur ait une part indéniable de responsabilité, je me définissais moi-même comme responsable. Si j'avais été là, si j'avais rempli mon rôle, ça ne serait pas arrivé. J'ai une part de responsabilité dans ce qui est arrivé.
Je ne m'étais jamais senti aussi faible, et je ne pouvais imaginer ce que cela devait être pour elle, qui était elle aussi de nature très fière.
Dans les moments de calme, nous réussissions tout de même à renouer peu à peu notre lien, et je faisais en sorte que ces petits moments soient significatifs pour notre famille.
Une nuit, alors que je travaillais dans le salon, et bien que la soirée se soit déroulée dans le calme, j'entendis Meiko crier de sa chambre. Il lui arrivait parfois de faire d'horribles cauchemars et de se réveiller de cette manière, mais à chaque fois, mon sang se glaçait de peur et de stress.
J'ouvris avec fracas sa porte, et la vis recroquevillée sur elle même, en pleurs, les ongles plantés dans ses genoux. Je ne pouvais bien distinguer son expression, mais j'avais assisté suffisamment de fois à cette situation pour la deviner. L'imaginer me fit un haut le cœur.
Je me précipitai vers son lit.
- Meiko !
- Eiri...? C'est bien toi?
- Oui, c'est moi. Tout va bien, tu es en sécurité ici.
Après qu'elle ait pu m'identifier et poser le regard sur mon visage, je posais délicatement ma main sur la sienne.
- Rien ne peut t'arriver ici. Je suis avec toi, je suis toujours là.
Je sentis ses mains arrêter de trembler. A ce moment-là, elle sembla prendre pleinement conscience de la réalité autour d'elle, et de la situation.
- Oh... sanglota-t-elle, je suis tellement désolée, Eiri...
- Je ne veux plus t'entendre t'excuser, Meiko, c'est mon devoir de veiller sur toi. Il était hors de question que je te laisse dans cet état.
- Je sais bien, et c'est pour ça que je m'excuse...
- Qu'est ce que tu veux dire ?
- Je sais que je perturbe ton travail, et que je finis par être un poids.
- Le travail est bien moins important que ton bien-être, je te l'ai déjà dit.
- Je sais ce que tu en penses... Mais je ne supporte plus de devoir être assistée, de ne plus être indépendante, de ne plus être maître de moi-même, de devoir être un poids pour toi...
- Je le sais, et je comprends. Mais actuellement, le mieux que tu puisses faire si tu veux en sortir, c'est de te laisser aider. Ça ne veut pas dire que tu n'auras rien à y faire, non, tu devras te battre, et tu le feras pour toi. Mais tu dois te sortir de la tête que tu es un poids pour moi, je me fiche de devoir interrompre un rapport ou une mission pour t'aider, tu es bien plus importante que ça.
- Ce n'est pas si simple que ça...
- Personne n'a dit que ça serait simple, et c'est pour ça que je suis là pour t'y aider. Je lui adressai un léger sourire. Je suis content de voir que malgré tout ce que tu as traversé, tu gardes ta fierté et ta volonté d'être indépendante. Et je veux que tu saches que je suis fier de toi pour être capable de garder ta force d'esprit.
Elle eut un léger sourire en essuyant ses larmes.
- Ce n'est pas grand chose, je suis sûre que d'autres gens qui ont vécu ça vivent les mêmes difficultés que moi.
- Non. J'en ai vu passer au commissariat, et tu t'en sors vraiment bien. Je suis fier d'avoir une petite sœur telle que toi.
Les larmes de Meiko continuaient de couler, mais son expression s'était adoucie. Elle se jeta dans mes bras, et je lui caressai affectueusement le crâne.

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Meiko

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MessageSujet: Re: Retour à la maison   Ven 1 Juil - 0:37

Je profitais de quelques minutes dans les bras de mon frère, le temps que ma respiration se fasse moins saccadée et que mon cœur arrête de battre la chamade. Me calmer était devenu de plus en plus difficile au fil des jours. Moi qui pensais que ma peur allait aller en s’atténuant, j’avais été bien loin du compte. Chaque jour était une nouvelle épreuve, un nouveau combat encore plus insurmontable que le précédent. Ou était-ce moi qui devenais plus faible ? Je ne reconnaissais en effet plus. Il ne semblait plus rien rester de celle que j’étais il y a encore si peu de temps.
Ce que je faisais si naturellement avant, comme le simple fait de sortir de la maison, était devenu quasiment impensable. Tout ce qui comptait auparavant n’avait plus d’importance. Mon monde avait subitement basculé. Toutes les ombres était subitement devenues menaçantes, les bruits inquiétants, les personnes effrayantes, la solitude glaçante.
Comment en étais-je arrivée si bas ? Il ne me semblait pas avoir été terrorisée à ce point le jour de mon agression. J’étais en sécurité ici, en compagnie de mon frère. Personne ne viendrait me chercher. Il pouvait me protéger de tout. Et pourtant, je ne me sentais pas rassurée. J’étais si fragile. J’étais bien ridicule à côté de lui. Nos parents avaient bien dû le voir, et décidé d’abandonner leur fille qui n’en valait pas la peine. Je ne pouvais même pas me débrouiller seule. Qui voudrait de quelqu’un dont la santé mentale repose sur des médicaments ? Et encore, ils n’étaient même pas suffisants.
- Ça va mieux maintenant, tu peux aller te recoucher.
- Tu es sûre ? Ça ne me dérange vraiment pas de rester.
- Oui, j’ai besoin de calme pour me rendormir.

- Bon… Je serai juste à côté si besoin.
Il m’adressa un regard inquiet, auquel je répondis par un sourire que je voulais rassurant. Cela eu raison de son hésitation, il caressa une dernière fois le haut de ma tête, avant de me souhaiter bonne nuit et de sortir.
Je me rassis doucement sur mon lit, et fixai la porte de ma chambre. Connaissant Eiri, il était probablement encore juste derrière, et il ne dormirait pas de la nuit. Le savoir me rassurait, et j’en ressentais un certain malaise. Comment pouvais-je être heureuse de cette situation ? Il allait passer une nuit blanche à cause de moi.
Je me glissai pensivement sous mes draps. Etais-je une charge pour lui ? Il ne cessait de me répéter l’inverse, et je n’aurais jamais remis cela en question auparavant, mais les choses avaient bien changé. Je ne pouvais plus rien lui apporter, notre relation était devenue complètement déséquilibrée.
Je serrai les poings et laissai échapper quelques larmes contre mon gré. Je les sentis s’écouler lentement sur mon visage. J’étais tellement faible, tellement insignifiante. Pleurer ne m’avancerait pas. Cela ne me soulageait même pas. Je réprimais de nouveaux sanglots en enfouissant mon visage dans mon oreiller.
Je finis rapidement par me relever. Être dans le noir me donnait une sensation d’étouffement. J’écartai mes cheveux de mon visage, et fixai de nouveau la porte.
C’était déjà trop tard, j’étais de nouveau saisie par l’angoisse. Je me sentais observée, et avais l’impression de sentir le contact d’une fine lame de métal contre ma gorge. Je voulais m’enfuir, mais pour aller où ? J’étais prisonnière de mes propres cauchemars, et mon ennemie n’était autre que moi-même. Ce n’était que des illusions, de simples chimères. Je tentais de m’en persuader, tandis que j’étais à la fois trop effrayée pour regarder derrière moi et pour courir rejoindre mon frère.
Je fis un effort pour me concentrer sur autre chose. Je réussis à reprendre le contrôle de moi-même, suffisamment longtemps pour me forcer à me recoucher.
« Je suis forte, je vais vivre normalement. » me chuchotai-je à moi-même.
J’allais à nouveau rendre mon frère fier de moi, je me battrais jusqu’au bout.

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